Yves Jamait chante « Au revoir Tachan ». I. Authume, 39100, les 31 octobre et 1er novembre 2014.

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Du 2 décembre 2008 au 31 octobre 2014, que de chemin parcouru… Yves Jamait chante « Au revoir Tachan »

Le 2 décembre 2008 au petit Kursaal de Besançon, grâce à Christophe Régnier, Yves Jamait rencontre Henri Tachan pour la première fois. Coup de cœur. Tachan passe ensuite du temps à écouter les CD de Jamait puis décide : « C’est lui qui reprendra mes chansons ! » Vendredi 31 octobre vers 16 heures, à la sortie de la gare de Lons-le-Saunier, sur le banc public de la gare, un p’tit bonhomme voûté attend… Henri Tachan est arrivé dans le Jura pour deux jours. Christophe Régnier vient l’accueillir. Entre ces deux-là, c’est une vieille histoire.

Quelques heures plus tard, à la salle des fêtes d’Authume, le public se presse pour remplir les quelque 400 places réservées de longue date et bien insuffisantes. C’est complet depuis longtemps. Les uns viennent pour Tachan, les autres pour Jamait, d’autres pour découvrir. Pour ceux qui sont venus écouter Tachan chanter, c’est très vite réglé, Tachan ne chantera rien ! S’il est parfois fâché, au dire d’Alain Souchon qu’on voit dans l’extrait de film réalisé par C. Régnier , il est aussi parfois très têtu. Il monte pourtant sur scène et est accueilli par une standing ovation interminable, et ce soir au côté de Christophe Régnier c’est pour répondre aux questions des spectateurs curieux : son musicien préféré ? son film préféré ? écrit-il encore ? pourquoi Poivre d’Arvor dans ses amis ? Cabu oui, Pierre Perret, aussi, Souchon, bien, mais Poivre d’Arvor, l’intrus ! Tachan est patient. Une nana lui raconte que si elle est devenue infirmière c’est grâce à sa Pipe à Pépé (quid des patients…) ! Et puis un spectateur manifestement très ému, un monsieur à la bouille ronde et amène, d’un certain âge, découvre Tachan ce soir et il avoue avec une sacrée spontanéité son coup de cœur et son désir de devenir l’ami de Tachan. Par une jolie et habile pirouette, Henri explique qu’il est en quelque sorte un animal sauvage pas facile à domestiquer, s’ensuit une histoire de chiens qui fait rire tout le monde mais qui est très belle et que Tachan apprécie. Et puis Tachan rejoint son… enfin… le public et devient le spectateur de celui à qui il a légué ses mots, ses chansons. Sur cette scène, un pianiste, Samuel Garcia, qui ne rechigne pas, quand il faut, à jouer de Parkinson sur son accordéon, dixit M. Jamait, un batteur et son éternelle casquette, Didier Grebot, et le chanteur. Jamait chante les mots de Tachan, l’Amour et l’Amitié, les Larmes, Ma mère, les Z’hommes, Mozart, Beethoven, Schubert et Rossini, Machin et machine, récite une jolie poésie dont le titre le fait jubiler comme un gosse, Jamais. Enfin seul au bord de la scène avec sa guitare à cinq cordes ce soir-là Le Violon, la Chasse, Comme à l’Opéra. On ne sait plus si Jamait chante Tachan ou si ce qui a été écrit par Tachan l’a été pour Jamait. Ce qui est certain c’est que Jamait n’imite pas Tachan, il ne trahit pas Tachan, il incarne, il vit Tachan avec un talent fou, une sensibilité à fleur de peau, il s’approprie Tachan avec force et nous l’offre en royal cadeau. On connaissait Jamait chante Guidoni, Jamait chante Leprest, on découvre un Jamait qui vit Tachan. Et dans la salle, dans l’ombre du second rang, le même petit bonhomme un peu voûté du banc public de la gare de Lons, quelques heures plus tôt, chante aussi, du bout des lèvres, la tête un peu renversée en arrière, il connaît tout par cœur. Mes yeux vont de l’un à l’autre, l’un sous les projecteurs, l’autre presque anonyme et dans l’ombre. Plus je regarde Tachan et plus l’émotion est insurmontable. Et quand le spectacle se termine, que les applaudissements cessent, Henri sort de l’ombre et crie à Jamait « Ne change rien ! ». Un clin d’œil de Jamait, une poignée de main des deux hommes au bord de la scène à laquelle s’associent vite les mains des deux musiciens, une belle poignée de main à huit mains, voilà le le flambeau est passé. Un sacré bel hommage, pour une fois du vivant du chanteur.

Et ce matin du 2 novembre à la gare de Lons, quarante-huit heures plus tard, sur le banc public à gauche de la gare, on retrouve Tachan au milieu de ses bagages, accompagné de sa fille, une jolie nana. Après ces deux belles soirées on ne fait plus semblant de ne pas connaître Tachan, on va vers lui spontanément en dépit de ses conseils, « Ne rencontrez pas l’artiste », et on l’embrasse avec une émotion folle, et on lui dit merci, et je ne peux retenir quelques « larmes de joie, larmes de peine ». La fête est vraiment finie, mais Tachan ça continue. Un immense merci à Chritophe Régnier qui nous a offert ces deux soirées de bonheur, qui représentent un travail énorme où tout n’ a pas été toujours facile. Christophe a travaillé pendant plusieurs années à la réalisation de deux DVD, l’un consacré au dernier concert d’Henri Tachan à Besançon, en 2008, l’autre à la façon dont ses amis le perçoivent et l’aiment, Le prix de la révolte. Des concerts comme ceux de Authume, il en est prévu une trentaine, concerts au cours desquels Tachan sera présent. S’il passe dans votre ville, aucune hésitation, foncez-y !

5 Comments

  • Buclet gisele

    Je te l’avais dit…BRAVO!!!!!!!

    • Dieu Jean Luc

      Je n’aurais pas mieux dit. Très clairement nous avons vu le même spectacle, ressenti les mêmes tendresses, éprouvé les mêmes émotions, partagé les mêmes rires.

  • huet

    Est-ce que vous savez si Yves Jamait a l’intention de reprendre des concerts de chanson de TACHAN dans la région parisienne ? Merci pour l’info. (fan de la première heure de TACHAN que j’ai vu en 68 au Théâtre de la Ville, et il faut avouer que nous étions très peu dans ce grand amphithéâtre !!

    • En fait je suis incapable de vous répondre.Vous pouvez consulter Christophe Régnier (vous le trouverez sur Facebook), c’est lui qui est à l’origine de ces beaux spectacles.
      Bien cordialement.
      Chantal Bou-Hanna

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